
Pendant l'absence, il pensa que depuis longtemps, avant l'amour, son regard omettait de se poser sur son corps, déjà alangui sur le lit. L'envie le fit s'en apercevoir. Le besoin. Un désir fou. De la voir nue, d'apprécier les contours de ce corps pourtant connu, la couleur de sa peau, le dessin du pubis.
Alors, enfin revenu, il donna corps à ses regrets, pour une fois qu'il était permis de s'amender. Elle avait envie de ses mains. Mais c'est sous ses yeux, seulement, qu'elle sentit venir le désir.
Il sourit.
Et consentit à poser, avec une délicatesse extrême, de la lenteur même, pensa-t-elle, une première main sur le haut de ses cuisses. Qui, pour rejoindre le ventre, fit un détour discret sur le peu de rondeur de fesse accessible en cette position.
Elle frémit.
Il la regardait encore, son visage exprimait une gourmandise contenue. Rasséréné d'être là, sans doute, il goûtait son bonheur, son plaisir. Et décida de continuer à prendre le temps.
Mais lorsque l'attente est longue, quand vient enfin le premier contact des deux peaux, il prend une saveur aussi particulière qu'extraordinaire. La conscience exacerbée d'un infime toucher. Comme un drap de soie qui affleure.
L'étreinte s'enflamme, les gestes se font plus rapides, les baisers à pleine bouche. Quand ce ne sont pas les langues qui se délient.
Ces deux corps, alors, peuvent enfin se faire l'amour, s'empoignant les fesses, se pénétrant sans cesse.
Et le jour d'après, puis encore d'après, son regard oublia de se poser, d'abord.

























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